woman lying on bed

L’angoisse et la peur sont toujours présents.

je suis étudiante de première année à la FTI, et je vous écris pour donner ma témoignage.

En raison de la situation covid-19 je ne me trouve pas dans une condition favorable à continuer mes études comme si rien n’avait changé.

Je suis en quarantaine en Italie depuis exactement 53 jours. Jusqu’au lundi 4 mai, les restrictions étaient terribles : pas de promenades, avec le chien seulement 200m loin de chez moi, impossibilité de voir la famille, situation précaire soit économiquement (mon père, frontalier, n’a pas pu travailler pour des semaines et ma maman est au chômage) soit psychologiquement.

Ma famille se compose de 5 personnes. Mes deux sœurs étudient aussi. La connexion au wifi ne fonctionne pour nous qu’une fois sur 5. Je n’ai pas toujours la possibilité de suivre les cours, non plus la possibilité d’étudier dans un environnement favorable, comme ma maison n’est pas si grande, je n’ai pas une espace personnelle et tranquille. Le silence n’existe pas. En ayant des problèmes respiratoires moi-même, je ne me sent non plus sûre à sortir pour aller à acheter la nourriture. Dans ma famille, il y a eu des personnes qui sont tombés malades avec le covid-19. Qui travaillaient dans les hôpitaux et ont contrat le virus. L’angoisse et la peur sont toujours présents.

Les professeurs non plus sont en condition d’enseigner. Si d’une côté il y a des profs qui s’engagent quand même en nous donnant tout le matériel (aussi trop de matériel) et en faisant leçon, de l’autre il y a aussi des profs qui ne le font pas, qui ne répondent pas aux e-mails, qui ne font pas leçon depuis tout le semestre, qui ont dit d’avoir des problèmes en famille (et nous, qui sommes-nous pour les juger ?). La situation n’est pas facile pour personne, mais si les profs ne vont pas être punis pour leur impossibilité d’enseigner, nous étudiants risquons de perdre tout un semestre de notre vie.

En outre, je suis obligée à continuer à payer mon louer a la cité universitaire de Genève, comme je suis due partir d’urgence et j’ai pas eu la possibilité de débarrasser ma chambre. Les déménagements internationaux sont encore interdits par le gouvernement, et je dois payer 526.- chaque mois, depuis que mon père n’a pas pu travailler et donc prendre son salaire normal pour 2 mois (et il soutien économiquement 5 personnes).

Psychologiquement je ne me sent pas motivée à étudier, à m’engager, à faire des examens qui encore une fois ne servent qu’à nous rappeler que nous ne sommes que des évaluations. Je pense que les personnes qui ont choisi d’aller à l’université l’ont fait pour un intérêt personnel et pas car elles étaient obligées. Si on me dit que je dois faire les examens quand même, mais que tous les crédits vont être validés, je serais cependant intéressée aux courses que j’ai choisi, qui m’intéressent. Et je les étudierais quand même, plus volontiers, mais avec la conscience de ne pas devoir demander à mes parents de me maintenir un autre semestre à Genève (qui n’est pas une ville économique).

Je pourrais vous dire plus de choses, mais il y a des étudiants qui se trouvent dans une situation beaucoup plus pire que la mienne. Merci de lire ma témoignage, j’espère que tous ensemble nous arriverons à trouver une solution qui soit bonne pour tout le monde.